Le Mechouar Tlemcen

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Palais El Mechouar


Le palais El Mechouar (en arabe : قلعة المشور 2, prononcé Qal'at al-Mishwâr1) est complexe palatial royal zianide, situé à Tlemcen en Algérie. Construit au Moyen Âge par les sultans zianides en 12483Mechouar — littéralement « aile du Conseil », « lieu de mouchawara »4, soit « conseils consultatifs »5,6 — doit son nom à la salle où se réunissaient les ministres autour du sultan de Tlemcen7. L'usage du terme mechouar s'étend pour désigner en Andalousie et au Maghreb un palais-citadelle8. Le complexe du Mechouar est un exemple d'art mauresque et andalou, et plus particulièrement du style zianide.

Les travaux de restauration du palais ont commencé en 2010 à l'occasion de l'évènement culturel Tlemcen, capitale de la culture islamique 20119.

Mechouar de Tlemcen, Algérie. Lithographie d'après Genet, 1836

Le palais proprement dit fait partie de la citadelle éponyme édifiée en 1145 à l'emplacement où le roi almoravide Youssef Ibn Tachfin installe sa tente lors du siège d'Agadir (ancien nom de Tlemcen). La citadelle, de forme rectangulaire, mesurant 200 m de long et 150 m de large, est transformée en palais par le sultanabdalwadide Yaghmoracen Ibn Zyan10,11. Le palais-citadelle devient alors la résidence officielle des Zianides12.

Après la prise de Tlemcen en 1337 , le sultan mérinide Abu al-Hasan ben Uthman fait du palais sa résidence et sa base opérationnelle dans sa tentative d'unification du Maghreb. C'est là et à cet effet qu'il signe en 1339 une alliance économique et militaire avec le vicomte de Narbonne, ambassadeur du roi Jacques III de Majorque13. Sa défaite à Kairouan en 1348 met fin à la présence de la dynastie mérinide au Mechouar et permet la restauration du royaume zianide de Tlemcen.

La citadelle et le palais sont agrandis et embellis au cours des siècles par les différentes dynasties qui l'ont occupé : almoravidealmohadezianide et ottomane. Une mosquée est difiée au début du xive siècle par le prince zianide Abou Hammou Moussa Ier14.

Le corsaire ottoman Arudj Barberousse s’empare de la citadelle en 1516 après que les habitants de Tlemcen lui demandent de l’aide pour chasser leur roi, Abu Hammu III, qui avait fait allégeance aux Espagnols. Arudj devient le nouveau souverain de Tlemcen jusqu’en 1518. L’ancien roi tlemcénien fait appel aux Espagnols qui assiègent Arudj dans la citadelle d’El Mechouar pendant six mois. Arudj réussit à s’enfuir mais les Espagnols le capturent et le décapitent12. Après la victoire de Hassan Aghakhalîfa de Khayr ad-Din Barberousse, sur les troupes de Charles Quint débarquées à Alger en 1541, le roi de Tlemcen, Moulay Mohammed, dénonce son allégeance aux Espagnols et livre El Mechouar aux Ottomans. C'est alors le déclin du royaume zianide12.

L'article 9 du Traité de Tafna, signé en 1837, permet à l'émir Abdelkader d'occuper le Mechouar15. L'armée française reprend la citadelle en 184210.

Au début de la colonisation française, l'armée française transforme la citadelle en caserne16. Au cours de cette période, la mosquée est transformée en église1 et le site est en partie altéré et dégradé par l'ajout de bâtiments militaires ou administratifs17.

Le 1er décembre 1962, le capitaine Moine, de l'armée française, remet solennellement les clés du palais Mechouar à Fodil Sid Lakhdar, représentant alors la préfecture de Tlemcen18 . À l'indépendance, la citadelle devient une école de cadets militaires. L'écrivain Yasmina Khadra y effectue sa scolarité à partir de 196419. L'école est fermée en 1986 et le site est rendu à la ville.

Après des travaux de réhabilitation commencés en 2010, le site accueille le public et abrite des associations culturelles ou artisanales et des administrations.

La mosquée

La mosquée d’El-Méchouar est construite en 1317 par le prince zianide Abû Hammû Mûsâ Ier7. Elle est entièrement remaniée à l’époque ottomane et transformée en église pendant la colonisation. Après l’Indépendance, le monument redevient une mosquée1.

De la période zianide, la mosquée ne conserve aujourd'hui que son minaret. Le style de ce minaret se rapproche de l'art hammadide et du style almohade1.

Sur le minaret, figurent deux inscriptions. La première : « al-yûmn wa'l-iqbâl » (« Le bonheur et le succès ») est une formule courante que l’on retrouve sur de nombreux monuments, comme sur le célèbre vase de l'Alhambra. La deuxième étant :« yâ Thiqatî yâ Amalî ! Anta Erradjâ, Anta al-Walî. Akhtim bi Khaïrin 'amalî »20 (« Ô ma Confiance, Ô mon Espérance, c'est Toi l'Espoir, c'est Toi le Protecteur, scelle mes actions pour le Bien »)

 Wikipédia

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