BIOGRAPHIE:MESSALI

Biographie

Messali Ahmed, dit Messali Hadj (1898-1974)

par Besma Lahouri, mis à jour le 18/12/2003 - publié le L'Express en ligne

Plusieurs fois emprisonné, Messali Hadj fonde en France deux groupements nationalistes: l'Etoile nord-africaine et le Parti populaire algérien

Né à Tlemcen, Messali Ahmed, qui se fera appeler plus tard Hadj, fait son service national à Bordeaux, en 1918. Démobilisé, il revient à Paris en 1923. Un temps ouvrier, il noue des contacts avec des membres du Parti communiste français. Politisé et charismatique, il fonde en 1925 l’Etoile nord-africaine, un parti proche des mouvements prolétaires européens, dont l’objectif est de lutter pour l’indépendance totale des trois pays du Maghreb.

Fondateur de l'Etoile nord-africaine

En février 1927, alors qu'il est secrétaire général de l’Etoile, il se rend au congrès de Bruxelles organisé par la Ligue contre l’oppression coloniale, et se prononce pour l’indépendance totale de l’Algérie. En représailles son parti, qui compte 3 600 militants, est dissout par le gouvernement français en 1929. Messali Hadj est expulsé vers l'Algérie. L'Etoile nord-africaine réapparaîtra en 1932.

Réfugié un temps à Genève, il subit l’influence de Chekib Arslan, qui le convertit au panarabisme. Cette rencontre scelle son émancipation d'avec le PCF. En 1936, le dirigeant fonde le Parti du peuple algérien (PPA). Arrêté et condamné à deux ans d’emprisonnement pour atteinte à la sûreté de l’Etat, Messali Hadj publie, dès sa sortie de prison, un violent réquisitoire contre la France.

Exclu du FLN

Condamné en 1941 par le gouvernement de Vichy à 16 ans de travaux forcés, il est libéré en 1943. Son nouveau parti, le Mouvement pour le triomphe des libertés démocratiques (MTLD), obtient un grand succès aux élections municipales de 1948, mais le temps de l’union est terminé. Son mouvement est déchiré par des luttes internes. Le 1er novembre 1954, le FLN, Front de libération nationale, marque le premier jour de l’insurrection algérienne. Messali Hadj est exclu de ce mouvement. Il fonde alors le MNA, Mouvement national algérien. Désormais, les deux partis vont s'opposer férocement. En 1962, le dirigeant algérien ne participe pas aux discussions d’Evian et quitte l’Algérie pour la région parisienne, où il demeurera jusqu’à sa mort en 1974.

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Par C. Berriah el WATAN :

Messali Hadj : Un tabou… toujours debout ?

Messali est décédé sans avoir en sa possession des documents d’identité (ni carte d’identité, ni passeport).



Le 3 juin 1974 décédait le père du nationalisme algérien, Messali Hadj. Pour ceux qui s’en souviennent, le jour de son inhumation au cimetière Cheïkh Snoussi, il s’était produit comme une sorte de profanation. « Un responsable de l’Amicale des Algériens en France, de l’époque, sans aucune pudeur, avait arraché l’emblème national qu’un patriote avait planté sur la tombe. Il a fallu les protestations et l’abnégation des nationalistes pour que le drapeau soit maintenu à sa place. » Et encore, ce jour-là, seuls les téméraires, les courageux et ceux qui avaient une véritable foi en l’Algérie et ses hommes s’étaient aventurés à la dernière demeure du Hadj. Un homme dont la véritable histoire n’a pas encore été écrite et n’est connue, par la nouvelle génération de la région Ouest, que par l’aéroport de Zenata qui porte son nom et quelques bribes de sa vie et de son combat enseignés dans nos écoles. Des témoins racontent que « Sa famille, qui vivait dans l’exil, n’avait pas les moyens pour le soigner, lui qui était atteint d’une maladie grave. Il fallut que les syndicalistes de l’enseignement en France, à Paris, fassent une quête pour l’aider à se soigner avant de s’éteindre à la clinique de la mutuelle des enseignants, à Paris. »

Il aimait Tlemcen

Messali Hadj avait toujours souhaité être inhumé à Tlemcen. Il aimait cette ville au point d’avoir mis une photo d’elle dans le livre du Coran. Tout un symbole, tout un message… L’on a appris également que Messali est décédé sans avoir en sa possession des documents d’identité (ni carte d’identité, ni passeport). Cela démontre la lâcheté des responsables de l’époque qui étaient déterminés à le toucher dans sa propre dignité et à l’effacer carrément… Même après sa mort, à l’exception de sa réhabilitation aujourd’hui par le président de la République, Messali Hadj continue de souffrir d’une sorte de réticence de certains autres responsables. « Deux biographies ont été publiées en Algérie, mais elles sont tronquées et occultées de grandes vérités… » Difficile de vouloir tout dire, tout apprendre sur un homme qui, malgré tout, reste toujours un tabou dans certains esprits… toujours fielleux…




Par C. Berriah el WATAN

 

 

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