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la grande mosquee 2

 

Les 900èmes Taraouih de la Grande Mosquée
de Tlemcen

L’ événement» du Neuvième Centenaire des «Taraouih» du Ramadan à la Grande Mosquée de Tlemcen se déroule comme un non-événement.Pourtant, très peu de villes dans le monde peuvent prétendre afficher un lieu public ayant eu cette continuité dans l’exercice de ses fonctions malgré les vicissitudes des temps et de l’histoire de ses hommes !

Sous la coupole de la Grande Mosquée de Tlemcen, vous êtes au coeur d’un espace où le génie des ingénieurs de la Mosquée de Cordoue et ceux qui ont édifié celle de Tlemcen ont voulu en perpétuer une inspiration commune, parce que probablement formés à la même école.

Neuf siècles d’Histoire et de Civilisation nous interrogent sur la dimension de ce patrimoine matériel et immatériel de la culture islamique universelle et ce, autour de la Grande Mosquée de Tlemcen !

Mosquée de Tlemcen surplombant la cour a une hauteur de 35 mètres et le muezzin gravissait les 130 marches au moins quatre fois par jour pour donner le signal du Adhan aux autres muezzins des autres minarets des autres mosquées de la ville.

A l’aube, il se présentait très tôt là-haut pour scruter à l’est de la voûte céleste les étoiles principales de la mansion lunaire en cours.

Dès que les premières lumières du soleil font disparaître la première de ces étoiles, le premier Adhan de la journée va s’élever pour réveiller toute une ville pour accomplir ses premières obligations de la journée  

Puis, lorsque toutes les étoiles de la mansion lunaire en cours disparaissaient, l’Adhan de la Prière du Fadjr est annoncé, repris par tous les muezzins de la ville.  

Plus personne ne gravit ces marches depuis que de la maqsoura de la grande mosquée, le muezzin volontaire, se basant sur le quartz taïwanais ou coréen de sa montre et sur la table des horaires légales de Djelfa auquel il faut qu’il ajoute les 19 minutes recommandés par l’administration pour tenir compte de l’écart de Tlemcen par rapport à Djelfa ! 

DES BOULETS DE CANON ENDOMAGEANT LE MINARET DE LA GRANDE MOSQUÉE 
DE TLEMCEN EN 1845

En 1845, le gouverneur de Tlemcen de l’armée française a fait tirer des coups de canon sur ce minaret pour que la population se décide à apporter des vivres et des provisions à la porte du Méchouar où était bloquée la garnison militaire française. Des aquarelles ont perpétué les égratignures sur le minaret et représentent les boulets qui jonchaient la cour de cette Grande Mosquée.

Le XX° siècle a vu aussi l’administration coloniale aménager la partie nord de cette mosquée pour les activités d’une Mahkama d’abord, où ont exercé les Qadis Daouadji, Benbachir, Mesli, Bouchama, Benghebrit, Ben-Aboura, Taleb Chouaib puis, Taleb Hadj Mohammed, Kara Terki... 

Après l’Indépendance, cette même partie nord de la Grande Mosquée de Tlemcen a été toujours utilisée en Mahkama par Abderrahmane Hamdan puis Mahmoud Kalfat, enfin, elle fut transformée en une officine de notariat avant d’être rattachée à une autre structure administrative. 

Le XXIème siècle verra-t-il cette porte accomplir sa fonction d’accès des femmes à la partie nord de la Grande Mosquée de Tlemcen ! Car cette porte s’appelait « Porte des Femmes » ou « Porte de Souk 
Al- hzel » et elle était réservée strictement aux femmes venant faire notamment leur prière du vendredi et des fêtes de l’Aïd Es-Seghir et de l’Aïd Al-Adha. Cette porte donnait aussi sur la Place du Souk Al-Ghzel ou Marché de la Laine, et faisait face au Derb de Sidi Sa’d, cet autre Sage du Tlemcen intra-muros.

 La rue est désormais barrée aux passants pour ne pas déranger les services de sécurité veillant sur des services administratifs.

 Le classement de cette rue à l’échelon universel restera une oeuvre de longue haleine si les valeurs culturelles, architecturales, spirituelles et traditionnelles sont remises en l’état par de prochaines générations qui comprendront que la quiétude de Sidi Belahcène Al- Ghomari n’est autre que leur propre quiétude dans la cité.

La rue des Sept Arcades, ou rue de Sidi Belahcène Al-Ghomari, prolonge la Porte des Femmes vers le sud, et est en fait la rue la plus représentative du legs urbain de Tlemcen. Là aussi, notre génération n’a pas trouvé mieux que d’y incruster les services d’une administration dans le site mystique de Sidi Ahmed Belahcène Al-Ghomari et de son compagnon Sidi Al-Faroui. 

Tous les 13 avril, c’est l’occasion d’un souvenir sur la densité des 530 ans de la disparition de Sidi Belahcène Al-Ghomari. 

La plaque commémorative prévue a été enlevée à l’occasion pour ne pas gêner la plaque qui identifie les services administratifs qui logent dans les biens waqfs de Sidi Belahcène  l-Ghomari. 

Cette plaque est toujours là devant la porte murée du Mausolée e Sidi Belahcène Al-Ghomari et  de son compagnon Sidi Mhammed Al-Faroui, attendant tout simplement la délocalisation de ces services.

 • A l’extérieur de la mosquée en longeant « Dar Er-Râha » où reposent le fondateur de la dynastie des Banî ‘Abdel-Wâdd et son compagnon Ibn Merzoûk, une porte s’ouvre à nouveau pour
la fonctionde Muphti. 

• De tous les coins de la région et du Maghreb, on venait solliciter la «fatwa» pour tel ou tel problème vécu. 

• Dans cette salle, des personnalités célèbres sont encore en mémoireans la cité. De Hamou Ben  Rostane à Djelloul Chalabi, à Mohammed Ben El-Hadj Allal, à Mostepha Ben Taleb, Ghouti Meziane
 et d’autres.

 Aujourd’hui, cette fonction est accomplie par des programmes de télévision par satellite en attendant que Tlemcen ait sa station d’émission et ses animateurs du calibre de Qacem Ibn Saïd Al- ’Oqbâni, un des premiers muphtis de Tlemcen, des Tenessy ou des Maqqary d’antant. 

• Plus loin, de l’autre côté de la rue, une construction coloniale devenue un siège bancaire pendant la colonisation était l’emplacement pendant plusieurs siècles des salles d’eau de la Grande Mosquée. Celles- ci ont été aménagées sur la partie nord-ouest de la grande mosquée et rendent des services précieux aux besoins incontournables d’une population aux alentours. 

Les sorties sud de la GrandeMosquée de Tlemcen ne donnent plus sur la prestigieuse Médersa TACHFINIYYA qui s’étendait jusqu’au Méchouar et que la période coloniale a fait disparaître en 1873 pour élever en lieu et place une Mairie et une place pour célébrer les fêtes de leur 14 Juillet. 

Cette Médersa fut élevée en l’honneur du célèbre savant ‘Amrân Ibn Moussa Al-Mecheddaly, qui repose depuis le 15 mai 1344 près de l’actuel logement de fonction du directeur de l’Education. 

Cette Médersa a abrité les merveilles techniques de l’époque comme l’Automate de l’arbre d’argent 
aux oiseaux chantant. 

A l’ouest, la Petite Mosquée- cole de Sidi Belahcène Et-Tenessy, inaugurée en 1296, attend de retrouver sa fonction d’Ecole spécialisée sur les Etudes coraniques en l’honneur des Tenessy qui s’y sont succédé et dont le plus célèbre d’entre eux nous a laissé un Commentaire sur la vocalisation du Coran, en usage actuellement dans les éditions modernes de Médine du Livre Sacré. Cette Médersa fut transformée en dépôt militaire en 1846 puis endommagée par un incendie puis transformée en Musée de la Ville de Tlemcen sous l’occupation coloniale et en annexe au Musée depuis ces derniers temps. 

Elle est louée pour des expositions ventes de tableaux et de livres, en attendant qu’elle puisse s’inscrire dans un projet structurant de valorisation du patrimoine matériel  et immatériel de Tlemcen. Au nord-ouest, la Mosquée de Sidi Ibrahim Al-Masmoudy, récemment restaurée avec le Mausolée des Rois et Princes des Bani-Zayyane, la Médersa Al-Yaqoubiyya fut inaugurée en l’honneur du Cheikh Al- Imâm Abou ‘Abdallah Ech-Cherif et-Tilimsânî un 14 novembre 1363 par Abou Hamou Moussa II, qui lui dédia des biens waqfs encore gravés sur 2 plaques en marbre déposées au Musée de la ville. 

Et plus à l’ouest, la Médersa des frères Oulad-Al-Imâm Et-Tenessy a gardé sa petite mosquée
et son minaret.

Elle fût inaugurée en 1310.
 Ce fut la première institution privée d’enseignement supérieur.
 Le grand frère s’appelait Abou Zayd Abd Er-Rahmân Ibn Al-Imâm enterré à Al-Eubbad en 1342 
Le frère cadet s’appelait Abou Moussa ‘Issa Ibn El-Imâm. Il fut le Maître d’Al-Aboulî. Il décéda un 5 juin 1349 lors d’une épidémie dévastatrice.

 Au sud de la Grande Mosquée de Tlemcen, dans la frénésie des années 30, le Complexe de Dar Al- Hadith, inauguré un 27 septembre 1937, attend de réaliser ses extensions à l’est et au nord et d’ouvrir des structures de spécialisation sur les Sciences de la Tradition prophétique à l’instar de ce que fut Dar El-Hadith de Damas.

 Bien sûr, le 72ème anniversaire de l’ouverture de Dar El-Hadith prochain sera un 27 septembre 1937- 2009. D’ici là, l’occasion est donnée pour la maturation d’un projet global de valorisation du legs matériel et immatériel de Tlemcen autour de la Grande Mosquée de Tlemcen en prévision de l’Année 2011, année de Tlemcen, capitale de la Culture islamique. 

* Ingénieur-Consultant

 

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